Calvin Ayre, cofondateur de Bodog, société de pari en ligne, serait menacé d’une demande d’extradition par les autorités américaines.

En effet, la Cour fédérale de justice des États-Unis dans le Maryland accuse Calvin Ayre d’un transfert illégal de 100 millions de dollars vers la Suisse, l’Angleterre, Malte, et le Canada. Il serait aussi impliqué dans le transfert de 42 millions de dollars destiné au paiement de gains de joueurs américains.

L’IRS sur le « dos » de Bodog

Ayre et ses associés Canadiens sont poursuivis par les autorités américaines en vertu de la loi de 2006 interdisant les jeux de paris en ligne aux États-Unis. Les bénéfices de l’empire Bodog du jeu sur internet seraient estimés à plus de 6 milliards de dollars en paris par an. Les documents judiciaires présentés dans le cadre de l'enquête de l'IRS (Internal Revenue Service) concernant Bodog, démontreraient qu'au moins une société basée à Malte aurait joué un rôle central dans le traitement de ces déboursements de jeux illégaux.

Le bureau du procureur des États-Unis a déclaré que l’entreprise Stratham Finance basée à Malte - dont Ayre serait l’actionnaire principal - serait impliquée dans le versement de paiements considérés illégaux aux gagnants. Les joueurs américains auraient reçu une somme globale equivalente à 100 millions de dollars entre 2005 et 2012. D’après une enquête débutée en 2005, des entreprises suisses, anglaises, et canadiennes serait impliquées dans le même type de versements aux joueurs.

Richard Kay veut la peau de Calvin Ayre

« Les parties impliquées dans l’affaire tentent toujours de trouver une solution, cependant je poursuis les formalités d'extradition », a déclaré le procureur adjoint américain Richard Kay. Quant au ministère de la Justice Canadienne, celui-ci a refusé de dévoiler la moindre information concernant la réception d’une demande officielle d'extradition envers le fondateur de Bodog.

Au Canada, la législation mise en place s’avère plus tolérante pour assurer le contrôle du domaine des jeux en ligne, n’autorisant qu’un nombre réduit de provinces à les développer. Cependant, selon les estimations de l'industrie du jeu, les Canadiens dépenseraient un montant approchant les 4 milliards de dollars sur les sites internationaux de jeux en ligne.

Toutefois, les autorités canadiennes semblent réticentes quant au fait de s’en prendre aux bénéficiaires de l’industrie du jeu. C'est pourquoi bodog.ca et bodog.net continuent à fonctionner, tandis que les visiteurs de bodog.com sont accueillis par un message indiquant que le site a été «saisi» par les autorités américaines.

Calvin Ayre contredit l’avis de Graydon

Michael Graydon, ancien président de la British Columbia Lottery Corporation, aurait publié un tweet en Novembre dernier qualifiant de « honteuse », la décision de la LCF d’approuver l’existence de Bodog, ajoutant que la société enfreint la loi canadienne. Ayre rétorqua plus tard sur son blog qu'il n’existait ni de restrictions à l'encontre des entreprises de jeu en ligne basées à l'échelle internationale, ni de restriction de signature d’accords de commercialisation avec la LCF.

La semaine dernière, l’affaire Ayre-Bodog a connu des rebondissements au moment où la Cour fédérale de justice des États-Unis dans le Maryland a révélé que les procureurs et les avocats de la défense avaient conclu un accord de principe pour résoudre le cas Ayre en juillet. Cependant, les parties impliquées seraient encore incapables de finaliser les modalités d’une éventuelle extradition de Calvin Ayre.